Le déjeuner au Mexique
Dernière mise à jour : 2 oct.
Imaginez-vous vous réveiller un matin à Playa del Carmen. Le soleil brille parce que, bien sûr, on est dans les Caraïbes, la plage est magnifique et vous avez faim. Mais pas juste un peu faim : vous avez envie d’un vrai déjeuner mexicain.
Vous pensez aux chilaquiles. Un grand classique. Des morceaux de tortillas frites, coupés en triangles et recouverts de salsa, rouge ou verte, plus ou moins piquante selon le niveau de risque que vous êtes prêts à prendre avec votre matin et votre langue. Deux petits œufs sur le dessus, de la crème, du fromage et un peu d’oignon. Le genre de déjeuner qui vous promet deux choses : le ventre bien plein et assez d’énergie pour passer à travers la journée.

À quelques rues de Playa 72, on a découvert un endroit qu’on avait, d’une certaine façon, réussi à manquer. Et je dis « d’une certaine façon » parce qu’une fois qu’on l’a trouvé, c’est difficile de comprendre comment on a pu passer à côté.
Dès qu’on arrive, on aperçoit un immense cœur qui dit ce que la plupart des étrangers qui viennent ici finissent par dire, tôt ou tard : J'aime le Mexique.
Et après cette déclaration, le restaurant fait encore mieux : il vous invite chez lui. Pour vous rendre à votre table, vous devez traverser un long corridor décoré de motifs mexicains, avec de petites tables installées ici et là et assez de détails pour vous donner envie de ralentir, presque sans vous en rendre compte. Au bout du corridor, on arrive dans une cour intérieure qui semble prendre très au sérieux son rôle de vous rappeler que vous êtes entourés du patrimoine maya.
Il y a du bois, de la verdure, des meubles rustiques et de petits coins qui semblent avoir leur propre histoire. On ne sait pas vraiment quelle est cette histoire, mais ça n’a pas vraiment d’importance. L’endroit possède cette qualité dangereuse que certains beaux restaurants ont : on arrive avec faim et, tout à coup, on a envie d’y manger tout le temps.
On s’installe.
La maison, comme si elle savait qu’on n’était pas encore tout à fait prêts pour le déjeuner, nous accueille avec un petit gâteau au chocolat garni de crème. On le mange avec un café pendant qu’on essaie de décider quoi commander, ce qui est probablement l’une des tâches les plus difficiles dans n’importe quel restaurant mexicain : choisir un seul plat alors qu’en réalité, on a envie de tout essayer.
Alors, on décide de prendre le Desayuno Yo Amo México et les chilaquiles.
Les deux plats arrivent en portions généreuses, avec cette combinaison de saveurs qui semble immédiatement familière : tomates, oignon, chile, tortillas de maïs et, sur la table, pour les plus courageux, une salsa habanero, le genre qui vous rappelle que la péninsule du Yucatán ne niaise pas avec le piquant.
Les œufs du Yo Amo México sont servis sur une tortilla de maïs aux bords croustillants et au centre moelleux. Le tout est recouvert d’une couche de fromage et d’une salsa rouge qui n’est pas particulièrement piquante, ce qui permet de profiter des saveurs sans que le chile vole toute l’attention.
Les chilaquiles, eux, sont gros. Et ici, on a fait quelque chose que je recommande fortement si, comme nous, vous êtes incapables de choisir entre la salsa rouge et la salsa verte : on les a commandés divorciados.
Comme ça, on pouvait goûter aux deux.
Et voici notre verdict : la salsa verte gagne. Elle a une belle consistance et une saveur plus prononcée. La salsa rouge est bonne aussi, mais elle est un peu plus diluée et, en comparaison, laisse moins d’impression.
Les totopos sont croustillants et absorbent tranquillement la salsa, alors chaque bouchée change un peu au fur et à mesure que le plat avance. Au début, il y a ce croquant de la tortilla fraîchement recouverte de salsa; puis la salsa prend toute sa place et, quelques minutes plus tard, certains totopos se sont complètement abandonnés à elle.
Et je pense que c’est justement une partie de ce qui fait le charme de bons chilaquiles : ils ne goûtent pas exactement la même chose du début à la fin. On termine notre déjeuner et il nous reste encore un peu de café. Alors on reste un peu plus longtemps et on prend le temps de remarquer chaque petit coin : les jardinières faites de matériaux recyclés, la petite maison de l’alux, le protecteur maya, les branches entrelacées de l’arbre sous lequel on est assis…
On reste juste un peu plus longtemps pour continuer à rêver ensemble de tous les endroits qu’il nous reste encore à visiter et de toutes les saveurs qu’il nous reste à découvrir.


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